LA PENDUE D'OUTREMEUSE
Une critique nous vient de l'Hexagone
(Reproduite avec l'aimable autorisation de l'auteur, mais expurgée de quelques phrases qui pourraient en dire trop...)
En juin 1999, Cawèlêr, adorable matou des rues, faisait son entrée dans le roman policier. Création d'André-Pierre Diriken, un auteur belge plus que prometteur, Cawèlêr (du liégeois, queue en l’air !…) apporte un renouveau un brin fripon au genre animalier jusqu’ici dominé par les siamois si racés de Lilian Jackson Braun. Outre les mœurs un brin gauloises de ce chat éminemment sympathique, la nouveauté vient aussi du fait que l’animal évolue avec une conscience d'homme. Son chat sur l'épaule, Boudrikêt enquête sur la mort d’une jeune femme retrouvée pendue dans la salle de l’institut d'anatomie. Peu d’indices jusqu’à ce qu’il découvre, sur le corps d’une ravissante étudiante, une tache de naissance semblable à celle de la morte. Le meurtre cacherait-il une sombre histoire de famille ? Les moustaches aux aguets, Cawèlêr s’introduit là où son maître ne mettrait pas les pieds et c'est en se léchant les pattes qu’il raconte comment s’est déroulé le crime, une trouvaille particulièrement futée. La pendue d’Outremeuse est un excellent roman, très original et très drôle. C'est également une belle promenade à la découverte de Liège et de ses traditions. Refusant catégoriquement le mou, Cawèlêr déguste des mets locaux qui font saliver et s’exprime dans un savoureux liégeois. L’emploi du patois donne au roman un ton unique et lui confère toute sa verdeur. Le petit chat a reçu un très bon accueil de ses compatriotes. Journalistes et lecteurs ne s’y sont pas trompés et il pourrait très bien connaître une belle carrière hors de son territoire: le genre animalier ne connaît pas de frontières et la plume d’André-Pierre Diriken apporte une note d’humour et de fraîcheur aussi irrésistible que nécessaire.
Sophie Colpaert
Critique littéraire à Temps Noir
EDITION JOSEPH K (FRANCE)